Francis Wilsius, conseiller régional, Olivier Dubernet, président de la CDC du Bazadais, Nathalie Laporte, présidente Chambre de métier et Béatrice Baud-Gous, élue de la CMA chez M. Loïc POUCHAUD

Village de la reprise à Bazas !

Trois reprises d’entreprises réussies et valorisées

Dans le cadre de l’opération « Village de la Reprise » organisée par la Chambre de métiers à l’initiative de la Chambre régionale et la Région Nouvelle Aquitaine le 28 novembre dernier, trois artisans repreneurs sur la commune de Bazas ont été mis à l’honneur. L’occasion pour la présidente Nathalie Laporte et les élus locaux d’échanger avec eux sur leur parcours et leurs besoins. La matinée s’est poursuivie par un échange à la mairie de Bazas avec des artisans du territoire souhaitant être informés sur transmission d’une entreprise artisanale. La transmission – reprise d’entreprise est un enjeu majeur pour les années à venir puisque 26 % des entreprises locales ont un dirigeant de plus de 55 ans.

Valoriser les réussites et sensibiliser les repreneurs potentiels à l’accompagnement dont ils peuvent bénéficier

L’accompagnement et le soutien à la transmission-reprise des entreprises artisanales girondines font partie des missions de la CMAI33. Cela passe notamment par une étude de faisabilité du projet de reprise, qui permet aux repreneurs de mieux appréhender les recherches de financement et de structurer un plan d’action à mener.

En mettant en avant le dynamisme et la persévérance des repreneurs, lors de l’opération « Village de la Reprise » du 28 novembre dernier, l’objectif n’est pas seulement de les honorer, il est aussi de faire savoir aux repreneurs et aux cédants potentiels qu’eux aussi peuvent être aidés dans cette étape délicate de la vie entrepreneuriale.

Trois entrepreneurs dans des domaines très différents qui ont osé franchir le pas

Loïc POUCHAUD, garagiste

Loïc Pouchaud, mécanicien, s’est fait la main dans plusieurs garages multi-marques, ainsi que dans des concessions pour approfondir sa formation. Il était chef d’atelier salarié quand une connaissance lui a parlé du garage qu’il a repris le 6 juin 2017. Ce n’est pas une évolution de carrière qu’il envisageait particulièrement, mais c’est une occasion qu’il a su saisir, une entreprise dans laquelle il a osé se lancer, et qu’il ne regrette pas à ce jour. Il n’a pas eu à changer de région, il a toujours travaillé dans les environs de Bazas, et son métier n’a pas changé, il continue de se consacrer à l’atelier (gestion des pièces, des rendez-vous, des pannes). C’est toute la partie administrative (facturation, comptabilité) qui est nouvelle pour lui. Il a également su gérer le passage de flambeau entre le technicien de l’ancien propriétaire parti à la retraite peu après la reprise, et un nouvel ouvrier dont il est très satisfait. Globalement tout se passe très bien : « On a du travail, ça va, on ne se plaint pas », dit-il.

Dès qu’il a commencé à s’intéresser au projet de reprise, Loïc Pouchaud a contacté la CMA pour se faire accompagner. Son souci principal : s’assurer de la viabilité du projet, du moins avoir un avis autre que celui du comptable sortant. Il a pu bénéficier de précieux conseils, notamment pour la négociation avec les banques, totale nouveauté pour lui. Une formation en ligne et une journée à la CMA lui ont en outre fourni des clés pour comprendre les aspects auxquels il n’avait jamais eu affaire (RSI, TVA, etc.).

« Le plus compliqué pour moi a été la relation avec les banques. Il faut se battre. Je pense que dans un projet de reprise, deux points sont essentiels : être bien accompagné pour toutes les démarches, et bien communiquer avec l’ancien propriétaire. ça a été mon cas, j’ai été bien épaulé, la transition s’est très bien passée. »

Olivier SANCHEZ, prothésiste dentaire

Après 27 ans de métier dans le Vaucluse, Olivier Sanchez, natif d’Orange, avait des envies de nouveaux horizons. Il a profité de facteurs concordants, le départ de plusieurs de ses clients à la retraite ou en congé maternité, le fait que son fils soit encore jeune, pour franchir le pas. Dans la mesure où la motivation originelle était davantage personnelle que professionnelle, le cadre de vie futur était primordial dans la démarche de M. Sanchez. Après des recherches actives, notamment du côté de l’Espagne dont il est originaire, le choix de Bazas s’est finalement imposé. Plusieurs visites à différentes périodes de l’année ont convaincu la famille. Un environnement plus verdoyant, certes plus humide, mais sans mistral, des paysages très appréciés… « Pourquoi pas ? », s’est-il dit, et il s’est lancé, il a repris un laboratoire de fabrication de prothèses dentaires.

Olivier Sanchez a d’abord eu affaire à la CMA du Vaucluse, pour avoir accès aux annonces de reprise, pour se faire expliquer les démarches, pour l’analyse des bilans de l’entreprise à reprendre. Puis quand il a voulu aller plus loin, il s’est adressé à la CMA Gironde : il a notamment monté son dossier financier avec le soutien de son conseiller. « J’ai toujours eu quelqu’un de serviable pour m’aider, d’ailleurs, avec le recul, je regrette que dans le cadre de la formation à mon métier, on n’insiste pas davantage sur le soutien que peut apporter une structure comme la CMA. Et je n’ai malheureusement pas eu le réflexe de suivre une formation supplémentaire en informatique ou en gestion… qui d’après moi peut être précieuse. »

Il est tôt pour commencer à faire un bilan de la reprise, mais jusqu’à présent, M. Sanchez est très satisfait :

« la grande majorité des praticiens qui travaillaient avec mon prédécesseur me font confiance et continuent leur collaboration avec moi, j’ai aussi pu conserver un de mes clients du Vaucluse avec lequel je m’entendais particulièrement bien ». M. Sanchez était déjà à son compte, donc familier de l’entrepreneuriat, mais cette reprise était une première pour lui : « c’est particulier, il faut reprendre les habitudes du prédécesseur pas forcément identiques aux nôtres… j’ai été bien accompagné en ce sens par ce dernier, mais il faut savoir s’adapter. » Son conseil pour les repreneurs : « avoir une certaine aisance, de l’expérience, de la maturité, être suffisamment sûr de soi ».

Élodie VIDAL CARDOUAT, fleuriste

C’est un alignement de planètes bienheureux qui a mené Élodie Vidal Cardouat à reprendre le fonds de commerce d’une des fleuristes de Bazas. Après des expériences en tant qu’apprentie, remplaçante, puis CDI, elle cherchait à reprendre une boutique pour se mettre à son compte. Elle avait étudié deux possibilités de reprise qui n’ont pu aboutir lorsque le hasard a fait son œuvre : « un jour, je suis allée acheter des fleurs chez l’ancienne propriétaire de ma boutique, elle savait que j’étais fleuriste, et elle m’a proposé de reprendre le flambeau, tout simplement ! C’était vraiment idéal pour moi, je suis originaire d’un village à côté, je ne voulais pas m’éloigner, c’était exactement ce que je recherchais, le timing était parfait. » La reprise a été concrétisée en septembre 2017.

L’ancienne propriétaire avait déjà pris contact avec la CMA pour monter le dossier de reprise, Mme Vidal Cardouat a pu s’appuyer sur les analyses réalisées, le bilan était bon, et elle a continué de bénéficier des conseils de la CMA pour faire aboutir le projet, notamment pour le financement. Sa conseillère lui a rendu visite un an après la reprise, mais comme tout se passe bien elle n’a pas encore eu besoin d’aide particulière. « J’ai pu conserver la clientèle de ma prédécesseur, et je me suis créé ma propre clientèle, c’est top. J’ai aussi développé le volet événementiel, j’ai eu 18 mariages cet été, mon chiffre d’affaires est en hausse. » Du coup, Mme Vidal Cardouat envisage de recruter, et entend reprendre contact avec la CMA pour connaître la marche à suivre, elle compte d’ailleurs profiter du passage du Bus de l’artisanat à Bazas pour se renseigner en la matière.

« Les démarches sont un peu floues quand on se lance, on ne sait par où commencer, il est essentiel de bien se faire aider et accompagner. Le soutien que j’ai reçu de la part de la CMA a été fort appréciable et agréable. »