Une artisane girondine à l’honneur sur M6

Quoi de plus honorable que d’offrir une seconde vie à des objets porteurs de souvenirs. « L’Atelier », nouvelle émission qui marque aussi le grand retour de Flavie Flament à la télévision, a vocation à mettre en lumière ces artisans « réssuciteurs », dont Fabienne Mogue fait partie.

Depuis 1998, Fabienne Mogue, Maître Artisan d’Art, fait revivre tous nos objets affectifs (poupées, ours, doudous, automates, théâtres de marionnettes, chevaux à bascule, maisons de poupée, objets décoratifs en tous genre) dans sa clinique des poupées située au cœur de Bordeaux. Mais elle met également son art au service de la création de tels objets. Cette « créatrice d’émotions et restauratrice de nos souvenirs », comme elle aime à se définir, était la candidate idéale pour participer à la nouvelle émission d’M6 diffusée tous les samedi à 17h35 depuis le 9 novembre dernier. Rencontre avec celle qui a le don de redonner le sourire grâce à son art.

Comment vous êtes-vous retrouvée dans cette émission de télévision ?

La production a repéré un reportage de France 3 auquel je participais, ils m’ont contactée et nous nous sommes immédiatement parfaitement entendus. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’une émission qui corresponde à ce point à mes aspirations et mes valeurs, il y a une cohésion parfaite entre leur projet et mon métier, mais aussi avec les artisans des autres corps de métier retenus pour l’émission. Nous avons tous cette mission commune de redonner vie aux objets, et l’émission est l’écrin idéal pour mettre en valeur l’étendue de nos savoir-faire respectifs. Il y a d’ailleurs à la fois une belle émulation entre nous, et une jolie complémentarité : le ferronnier peut par exemple travailler une partie en métal mieux que je ne le ferais. C’est toute la beauté du travail d’équipe. Et puis, nous sommes dans l’air du temps avec cette idée de ne pas jeter pour acheter du neuf sans âme.

Comment décririez-vous cette expérience, un objet vous a-t-il particulièrement marquée ?

Je suis vraiment heureuse d’avoir l’occasion de faire la promotion de la transmission du patrimoine affectif. Nous avons tourné une vingtaine d’émissions, et nous restaurons 3 ou 4 objets à chaque fois. Mais c’est le cheval à bascule qui a suscité chez moi la plus grande émotion. Mon père, travaillait à la télévision, et j’avais restauré avec lui le jumeau de ce cheval. Alors que je redonnais vie à ce cheval, entourée de toutes ces caméras qui me rappelaient mon père, sa propriétaire m’a prise la main, elle avait elle-même perdu sa mère, nous avions des chemins parallèles, nous avons été bouleversées. C’est vraiment l’illustration de la force de nos métiers qui mettent avant tout l’accent sur la valeur sentimentale.

Ce passage télé a-t-il changé quoi que ce soit dans votre activité ?

Il n’a fait que me conforter dans l’idée que j’ai la chance d’exercer un beau métier, qui est aussi une passion et qui a du sens. Nous ne sommes que 5 ou 6  en France à être ainsi spécialisés, et j’espère que cette émission pourra susciter des vocations pour que nos beaux métiers perdurent. Ils peuvent paraître désuets ou anecdotiques à l’heure du numérique, mais les fortes émotions qui transparaissent dans l’émission prouvent qu’ils sont fabuleux et qu’ils ont au contraire de l’avenir.

RENDEZ-VOUS sur www.reparation-poupees-ours.fr / L’Atelier, tous les samedi à 17h35 sur M6.

© Crédit photo : Antoine FLAMENT / M6